Sport

Salah AIT IDIR, le premier Maître de TaeKwondo en Algérie

Dz-gen a décidé de vous parler aujourd’hui d’un sport de combat peu connu, et de son  fondateur en Algérie, qui a préféré travailler dans l’ombre et dans le sérieux que se mettre face aux caméras pour « représenter » cet art martial comme l’ont fait certains, tout en sachant qui est vraiment le vrai précurseur de cette magnifique discipline qui est le Taekwondo.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore ce que c’est que le Taekwondo :

Le taekwondo (prononciation api [tʰɛk͈wʌndo]. taegwondo selon la romanisation révisée du coréen, 태권도 en hangeul et 跆拳道 en hanja) est un art martial d’origine coréenne, dont le nom peut se traduire par La voie du pied et du poing (tae (Hangul:태 hanja: 跆), frapper du pied – kwon (Hangul: 권, hanja: 拳), frapper du poing – do (Hangul: 도, hanja: 道), voie, l’esprit). Le pratiquant de taekwondo est appelé un taekwondoiste (et ce, même si le terme correct est Taekwondoin) mais jamais taekwondoka. Le fondateur et principal promoteur du taekwondo est Choi Hong-hi dans sa forme ITF et Um Woon Kyu dans sa forme WTF.

Le Taekwondo en Algérie :

Mohand Salah Ait Idir est incontestablement le plus ancien Maître de Taekwondo en Algérie. Grâce à lui, pour la première fois, ce sport de combat fait son apparition dans ce pays. Dans l’ombre et en alliant l’art et la manière, Salah avec de très modestes moyens, a pu former une génération d’athlètes de très bon niveau, lesquels athlètes, malheureusement, faute de moyen et de prise en charge, n’ont pu émerger. A cet effet, nous nous sommes rapprochés de lui pour nous renseigner davantage  sur la place qu’occupe cette discipline, les performances réalisées et les entraves auxquelles elle se trouve confrontée.

Ecoutons-le :

DZ-GEN .COM : voulez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Salah Ait Idir : je suis né le 9 avril 1948 à Ain El Hammam, marié et père de famille, et  depuis 1976 je suis entraîneur de Taekwondo.

Où avez-vous fait vos débuts et pourquoi avoir choisi le Taekwondo plus particulièrement ?

J’ai commencé à pratiquer cette discipline à partir de l’année 1970 et c’était à Paris.

Diplôme d’entraîneur attribué par le Maître expert Lee Kwan Young
Autorisation d’exercer le métier d’entraîneur délivrée par la ligue du Judo toutes disciplines assimilées

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous dites que vous êtes entraîneur depuis 1976, alors que certains disent que le Taekwondo est entré chez nous en 1983. Comment expliquez-vous cela ?

Non, non, c’est faux ! Je suis désolé. Le Taekwondo est entré en Algérie en 1976 et c’est effectivement grâce à mes soins que cette discipline a fait son apparition chez nous. C’est le 15 /03/1976 que la Ligue du Judo, toutes disciplines assimilées, de Tizi-Ouzou me délivrera  l’autorisation de dispenser des entraînements de cette discipline sous les couleurs de Ain El Hammam. Et c’est, en effet, à partir de cette date, que j’ai commencé à former les premiers athlètes dans les régions de Ain El Hammam, d’Azazga, Iferhounène, Ait Hichem, Taka, Takana et Tabouda. C’était durant la saison 1976 /1977 que j’ai participé avec mon club au championnat de wilaya  face aux clubs de Larbaâ Nath Irathen, Draâ El Mizan, Tadmait, CRB Menaiel, Sonitex-DBK, Baghlia et la JSK. Mais faute d’athlètes adversaires formés dans le Taekwondo, j’étais contraint de faire participer mes élèves dans le Karaté-do.

Première salle de Taekwondo ouverte en Algérie, à la maison de jeunes de Ain El Hammam (Tizi-Ouzou)

Ce n’est qu’en 1983, et à titre de rappel, que je reçois la visite de M. Lamara Amar, l’actuel DTN qui me demandait de collaborer pour trouver les mécanismes et moyens susceptibles de développer et de promouvoir le Taekwondo en Algérie.

Mais pourquoi parlez-vous de Ligue de Judo et non pas de Taekwon do ?

Justement, votre question renvoie à la réponse précédente. Je m’explique : comment voulez-vous qu’il existe une Ligue de Taekwondo, alors que la discipline en elle-même n’existait pas avant 1976 ? Ma participation au championnat de Wilaya, comme je disais tout à l’heure, a été pour le titre de Karaté-do. Et l’une des raisons majeures d’ailleurs qui ont fait que nous abandonnons la compétition, c’était le fait que nous ayons en face de nous des adversaires expérimentés en Karaté-do, ce qui n’était pas le cas pour mes élèves, qui venaient tout-juste de découvrir le monde de Taekwondo.

Salah Ait Idir ( à droite de l’image )  avec un élève

Avez-vous participé aux compétitions et quels ont été les résultats ces dernières années ?

Oui, bien sûr, régionales et nationales, les résultats sont de plus encourageants. Au championnat régional filles qui s’est déroulé à Alger le 16 /05/1997. Ould Younes Kahina et Ould Messbah Sonia ont décroché les premières places avec une médaille d’or chacune. Meddahi Tounsia et Ben Said Fatiha ont décroché les 2 e places et deux médailles en argent, et la 3e place fut décrochée respectivement  par, Zemihi Noura et Benmimoune Karima avec chacune d’elle une médaille de bronze.

Amirouche Ait Idir ( dans les airs  ) et Hamid Akil. Sur cette modeste image vous pouvez admirer la qualité et la technique et vous pouvez par vous-même voir l’état dans lequel ces athlètes travaillaient et les moyens lamentables dont ils disposaient.

Au championnat d’Algérie, qui s’est déroulé à la salle Omnisports Hammamet à Alger les 19 et 20 juin 1997, nous avons arraché trois médailles d’or, et ce grâce à Benmesbah Sonia, Benmimoune Karima et Ait Issaid Ghania, 4 médailles d’argent par Ait Idir Nessia, Ait Issaid Djedjiga, Ould Younes Kahina et Medahi Tounsia. Chez les garçons, Ould Younes Salah à décroché la 1e place avec une médaille d’or, ajouter à cela notre participation, avec d’autres catégories au championnat de Wilaya avec des résultats aussi parfaits.

Où est le secret de cette réussite ?            

Aucun secret, du travail, du sérieux et aucun moyen!

Les jeunes athlètes Jugurtha et Massinissa

Quelle place occupe le Taekwondo dans notre pays ? N’est-il pas dominé par les autres disciplines de la même famille ?

Effectivement à première vue, le Taekwondo donne l’impression d’être une discipline de deuxième plan. La raison est toute simple, car la discipline en elle-même ne jouit pas encore des mêmes droits et du même statut accordé aux autres arts-martiaux.

De gauche à droite, Jugurtha, Massinissa et Farid

C’est-à-dire qu’en fin de parcours, l’athlète qui  pratique le Taekwondo n’aura pas cette chance d’être évalué au même titre que son confrère qui pratique le Chotokan par exemple.

Quelles sont vos ambitions ?

Former d’avantage d’athlètes comme cela a été toujours mon souhait.

Le Maître Salah avec un Maître expert coréen en compagnie de quelques uns de ses athlètes dans un déplacement pour une compétition

Le mot de la fin…

Je sollicite le président de la FAKT (fédération algérienne de Karaté et de Tae Kwon Do) à les inviter car leur apport en termes de prise en charge comme c’est le cas pour les autres sports tel le football ou le handball, d’évaluation et d’homologation  de la pratique du Taekwondo est considérable pour l’avenir de la discipline en Algérie. Une discipline aujourd’hui admise aux Jeux-olympiques. Pour conclure, je voudrais adresser un message aux responsables de la fédération afin de leur dire que tous ces efforts de longue haleine que j’ai fournis, et pendant toutes ces années,et avec toutes les embûches qui se sont mises devant ma carrière d’entraîneur, et le poids de la responsabilité qui pesait sur mes épaules, j’ai eu l’immense plaisir d’être le premier à perpétuer ce sport venu d’ailleurs. Mes élèves et tous ceux qui m’ont côtoyé connaissent les sacrifices que j’ai faits pour cette discipline et pour ce pays… Je défie qui que ce soit, de dire le contraire de ce que j’ai avancé dans votre interview, puisque des preuves concrètes sont de mon coté et avec les documents officiels que j’ai en ma possession… Pour finir, je pense que c’est vraiment regrettable de voir les efforts de gens qui sont dans la même situation que moi partir en fumée… pas même une reconnaissance! Ce n’est pas juste!     

 

Article rédigé par Massinissa Ait Idir