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Said Sabaou : Le talentueux Bédéiste & Storyboarder.

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Said Sabaou a 26 ans, il est dessinateur, scénariste et storyboarder spécialisé dans la bande dessinée et plus précisément dans le manga. Il a obtenu en 2009 son diplôme d’interprète, traducteur et il était bien parti pour percer dans le domaine puisqu’il avait été sollicité à plusieurs reprises durant ses études comme interprète travaillant à temps partiel pour plusieurs sociétés étrangères.

Il dit : « J’ai même réussi avec brio à intégrer le groupement Daewoo E & G où j’ai travaillé comme cadre administratif mais frappé par une grave maladie, j’ai dû rester pendant tout une année en convalescence et c’est là que j’ai recommencé à dessiner et à écrire des scénarios.
Une maladie que je considère plus comme une bénédiction puisqu’elle m’a fait revenir vers ma passion, vers un vieux rêve qui était enfoui quelque part dans un coin de ma mémoire et c’est là que j’ai décidé de me lancer dans la B.D. »

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*Vous allez mieux le découvrir et découvrir son talent à travers cette interview :

  •  A quel âge avez-vous découvert votre passion pour le dessin ?

Comme la plupart des jeunes de ma génération, j’ai découvert le manga grâce au Club Dorothée qui était une émission de télévision pour la jeunesse diffusant des dessins animés japonais qui ont connu un succès mondial, notamment les chevaliers du zodiaque, Olive et Tom, Nicky Larson ou encore Ranma ½. Mais le manga qui m’a littéralement marqué et qui m’a vraiment poussé à dessiner et à créer mes propres héros c’est l’œuvre cultissime du maître Akira Toriyama à savoir « Dragonball » dont je suis un grand fan jusqu’à maintenant. J’ai toujours été passionné par la BD et j’ai commencé à dessiner dès l’âge de 5 ans. Je me souviens encore de toutes ces pages de cahiers arrachées pour dessiner mes histoires et de toutes les raclées que je prenais à cause de ça.

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  • Comment vous êtes-vous développé dans ce domaine ?

Etant donné qu’il n’y pas de possibilité d’une formation dans ce domaine en Algérie, J’ai dû me forger tout seul. Je lisais tout ce qui me tombait sous la main : des comics américains en passant par les classiques franco-belges comme Astérix, Tintin et bien évidement les mangas qu’on obtenait assez difficilement à l’époque. Je m’en bourrai le crane à longueur de journée et la création d’une bande dessinée est devenue plus un réflexe naturel qu’autre chose et finalement je suis assez heureux de ne pas avoir eu recours à une formation puisque ça m’a permis de générer mon propre style et finalement de m’exprimer sans passer par des conventions théoriques qui bloquent souvent, selon moi, certaines expressions artistiques.

  • Vous êtes-vous directement mis à la bande dessinée ou vous avez commencé par le dessin tout court ?

Pour moi, l’un a toujours été connecté à l’autre d’une façon ou d’une autre. Quand j’étais tout petit déjà je m’émerveillai devant mes héros préférés à la télé ou en bande dessinée et j’avais le besoin systématique de les dessiner et ensuite de les faire apparaître dans des petites histoires sous forme de bandes dessinées de 8 à 6 pages. Et ça n’a pas du tout changé. Pour moi dès qu’un dessin me vient à l’esprit, son histoire commence à se dessiner dans ma tête.

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  •  Parlez-nous un peu de vos œuvres.

J’ai publié mon premier ouvrage : le tome 1 de ma série mondialé! En juin 2011 et j’ai enchaîné avec le tome 2 qui est sorti en Mars 2012 aux éditions Lazhari Labter. Mondialé ! qui raconte l’histoire d’Amine Selmi, jeune et talentueux footballeur algérien qui va vivre un destin unique et une carrière exceptionnelle. J’ai enchaîné avec une autre série qui s’intitule « Houma fighter » avec un premier tome qui est sorti en Mai 2012. Le deuxième est sorti en Octobre 2013 à l’occasion du FIBDA 2013 aux éditions ZLINK où il a eu un succès incroyable. Un univers complètement décalé inspiré du célèbre jeu « Street Fighter » servi avec un humour 100% algérien et qui est axé sur Sofiane, un kick-boxeur qui va être confronté aux plus puissants combattants algériens.! J’ai aussi publié le prix de la liberté en Octobre 2012 aux éditions Dalimen. L’histoire de Mohamed Amirouche, un soldat engagé dans l’armée française en 1944 qui rejoindra les rangs de la révolution algérienne afin de libérer son pays.
Combinant humour et drame, je tente de me démarquer par mon propre style afin d’apporter à chaque fois mon petit brin d’originalité.

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  • Qu’avez-vous accompli durant votre parcours de Bédéiste ?

J’ai eu la chance de faire partie de cette nouvelle génération de bédéistes qui a redonné un second souffle à la BD algérienne. Je jouis aussi d’un grand respect et d’un soutien de la part de la communauté BD en Algérie qui reconnaissent mon talent et qui me le prouvent à chaque festival.
Houma fighter est exposé au musée du manga à Kyoto et cela est un motif de satisfaction énorme.
Je suis aussi fier de dire que j’ai réussi le pari que je m’étais lancé avant d’entamer cette magnifique aventure. A savoir, créer mon propre style et marier le genre manga et la culture algérienne.

  • Quels sont les bédéistes/dessinateurs qui vous ont inspiré pour vous améliorer ?

Akira Toriyama qui est l’auteur de Dragonball a toujours été la référence et ma source d’inspiration ultime dans la bande dessinée. Son univers, ses personnages mais aussi les messages qu’il tente à chaque fois de faire passer à travers ses créations. J’ai toujours étudié ses œuvres de manière assez précise.

  •  Quels sont vos futurs projets dans ce domaine ? 

Je suis en train d’écrire Houma fighter 3 qui devrait sortir pour le prochain FIBDA en Octobre 2014 si tout se passe bien. Je prépare aussi une autre bande dessinée qui s’intitule Lucyus aux éditions Kaza.

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  • Quels conseils donneriez-vous aux gens qui veulent se lancer dans la BD ou le dessin ?

Je dirai que le plus important c’est de rester sois même. Croire en soi et toujours essayer d’évoluer, de progresser. C’est assez compliqué de s’imposer dans ce domaine en Algérie et donc, la première chose à faire est de s’armer d’un mental de gladiateur et de travailler des fois sans rien attendre en retour.
J’ajouterai qu’il faut travailler son coup de crayon et sa trame scénaristique tous les jours. Pour cela, il faut Lire énormément et s’exercer à chaque fois à dessiner des postures de toutes sortes, des paysages, des villes …etc
Enfin, je crois que la meilleure manière de réussir est de toujours être sincère avec sois même et de toujours faire une auto critique objective afin de voir ses lacunes et de les effacer au fur et à mesure.

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*Explorez le monde de Said & visitez la page de ce fameux talent algérien icihttps://www.facebook.com/said.sabaou