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Nechwa – Illustrations

Comment votre passion a commencé ? 

J’ai commencé l’illustration en 2008. Un ami éditeur s’était trouvé lâché par un illustrateur à la dernière minute et m’a demandé si je ne pouvais pas essayer de les aider. J’étais en 3ème année à L’Ecole des Beaux Arts. Je m’y connaissais déjà en dessin mais je n’avais encore jamais travaillé pour l’édition. J’ai quand même saisi l’occasion car j’ai toujours aimé les livres illustrés.  Et c’est comme ça que j’ai travaillé sur mon premier livre jeunesse. D’autres projets ont suivi et ce travail m’a tellement passionné que je me suis inscrite à une formation d’illustration et BD d’un an pour compléter ma formation de cinq ans en design à l’Ecole Supérieure des Beaux Arts d’Alger.

Que vous offre le pays comme opportunités & de quoi manquez vous?

J’ai dû m’inscrire à cette formation dans une école à l’étranger car en Algérie, il n’y a pas de formation spécialisée pour l’illustration et la BD. A l’Ecole Supérieure des Beaux Arts d’Alger, les étudiants en design graphique font un module d’illustration en deux semestres seulement sur un cursus de cinq ans. Donc ici, pour être illustrateur il faut se former soi-même avec ses propres moyens. Depuis quelques années néanmoins, il y a périodiquement des workshops et des ateliers dans ce domaine là.

Travailler dans le domaine de l’illustration en Algérie a aussi ses spécificités. Le mauvais côté est qu’on est obligé de travailler en freelance. Les entreprises n’embauchent pas un illustrateur à plein temps pour faire exclusivement de l’illustration, en général s’ils ont un poste c’est celui de graphiste. Aussi notre travail, le temps et l’effort qu’il nous demande sont souvent sous estimés. Ce qui fait que, souvent, on ne nous donne pas assez de temps pour faire bien notre travail et on ne nous rémunère pas à la hauteur de nos efforts.  Un autre point me chagrine énormément à la sortie de chaque ouvrage, c’est la qualité du livre et surtout celle de l’impression. Comme toutes les étapes de la production d’un livre ne sont pas au top ici, parfois on est déçus quand on l’a enfin entre les mains.

Mais comme tous les métiers qu’on fait par passion, l’illustration a de bons cotés qui font oublier le reste : ce n’est pas un travail stressant, on nous laisse souvent carte blanche pour la création, l’échange avec les éditeurs et les auteurs –quand ils sont intéressants- est très enrichissant, on peut travailler n’importe où tant que notre matériel est transportable, c’est nous même qui définissons nos horaires et on n’a pas à dépendre d’une équipe. Et les avantages supplémentaires qu’offre l’Algérie à ce domaine, c’est que c’est encore un nouveau corps de métier ici: il n’y a pas  encore beaucoup de concurrence, donc si on fait correctement son travail et qu’on est professionnel on est vite visibles auprès des éditeurs et du public. On n’est pas noyés par des centaines de dessinateurs et d’ouvrages comme en Europe et en Asie où le marché est saturé. Il commence à y avoir quelques événements culturels où notre travail – avec tous ceux liés à l’édition – est mis en avant. Ce n’est pas beaucoup, il faudrait travailler à ce qu’il y en ait plus mais c’est un début.

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