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« Je me suis dite que « , « je me suis permise de » : l’erreur au féminin

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         On a eu à traiter, par un article déjà publié sur le site, l’accord du participe passé, que vous pouvez d’ailleurs consulter ici, mais sachant qu’un seul article ne puisse élucider et éclairer certaines ambiguïtés liées à ce thème, on a vu l’intérêt d’enchaîner avec l’autre point noir de la langue française : l’accord du participe passé avec les verbes pronominaux.

         Avant d’entamer notre sujet, nous allons définir quelques terminologies nécessaires à la compréhension et à l’assimilation.

I- Qu’est ce qu’un verbe pronominal ? 

« En grammaire française, un verbe pronominal est un verbe qui est toujours conjugué avec un pronom complément renvoyant au sujet, et qui a selon le cas un sens réfléchi, réciproque, passif, ou « essentiellement pronominal ». Les verbes pronominaux utilisent exclusivement l’auxiliaire être aux temps composés ». Wikipédia 

  • Je me regarde dans le miroir
  • Je me suis dit qu’il n’allait pas pleuvoir
  • Peigne-toi !
  • Nous nous parlons pour passer le temps
  • Ce livre se vend bien
  • Elle s’est évanouie.

         Voilà donc pour ce qui est du verbe pronominal de manière générale. Cependant, il faut savoir qu’il existe cinq catégories de verbes pronominaux:

1- Un verbe accidentellement pronominal ( ou occasionnellement pronominal ) est un verbe qui s’emploie dans les formes simples comme dans les formes pronominales, c’est le cas du verbe appeler par exemple: forme simple ( appeler ), forme pronominale ( s’appeler ). La plupart des verbes répertoriés existent sous ces deux formes.

2- Un verbe réfléchi exprime une action que le sujet fait sur lui-même: je me cache, je me montre, je me lave…

3- Le verbe pronominal réciproque exprime une action exercée par deux sujets ou plus l’un sur l’autre ou les uns sur les autres : l’action est à la fois accomplie et reçue par chacun d’eux. Nous allons mieux comprendre grâce à ces exemples.

Les deux concurrents se regardent dans les yeux.

–  Ils se sont parlé au téléphone.

4- Un verbe pronominal passif a un sens qui n’est pas à prendre au sens propre du mot .

Il s’appelle Mouloud Mammeri, il était un grand écrivain.

La bouteille qui fuit s’est vidée de tout son contenu.

Le saumon peut se manger cru.

5- Un verbe essentiellement pronominal est un verbe qui ne s’emploie jamais à la forme simple, le verbe s’abstenir est essentiellement pronominal, il n’a pas d’équivalent en verbe simple ( abstenir n’existe pas !)

Exemples de verbes essentiellement pronominaux:

S’absenter,s’accouder, s’accroupir, s’acharner, s’affairer, s’agenouiller, s’avérer, se blottir, se dédire, se désister, s’écrier, s’efforcer, etc.

C’était un petit rappel des verbes pronominaux, qui est nécessaire afin de bien commencer l’étude de notre sujet.

II- L’accord du participe passé avec les verbes pronominaux.

Le participe passé s’accorde :

1. Le participe passé s’accorde avec le sujet du verbe, lorsque le sujet fait l’action sur lui même.

Exemples : ils se sont aperçus de leur erreur ( chacun s’est aperçu de ses erreurs ). / Ils se sont lavés. / Ils se sont battus.

2. Le participe passé s’accorde avec son sujet en genre et en nombre lorsque le C.O.D. précède le verbe (même règle qu’avec l’auxiliaire avoir).
Exemples : les mains qu’ils se sont lavées / les lettres qu’ils se sont écrites/ les billets qu’ils se sont répartis.

Le participe passé ne s’accorde pas :

1. Le participe passé ne s’accorde pas lorsque C.O.D. suit le verbe.
Exemples : Ils se sont lavé les mains. / Ils se sont écrit des lettres./ Ils se sont réparti tous les billets.

2. Le participe passé ne s’accorde pas lorsque le verbe pronominal réfléchi ou réciproque admet un C.O.I.

Les participes passés des verbes suivants sont invariables :
se plaire, se complaire, se déplaire, se rire, se convenir, se nuire, se mentir, s’en vouloir, se ressembler, se sourire, se suffire, se survivre.

Exemples : ils se sont plu. / Ils se sont déplu dans cet appartement. / Elles se sont ri de son erreur.

Jusqu’à présent je crois que vous êtes d’accord avec moi, mais pourquoi dans certains cas, on voit un accord alors qu’il n’en devrait pas, et vice versa!

           L’ambiguïté qui peut être présente dans une phrase risque de vous induire en erreur, pour cette raison, il est utile de transformer la phrase afin de savoir s’il faut ou non accorder le participe passé.

On l’avait dit et on le redit, l’accord du participe passé ne se fait qu’avec le C.O.D. ( le complément d’objet direct ) et ne peut avoir accord avec le C.O.I ( le complément d’objet indirect ) !

Certains verbes, dits intransitifs, n’introduisent pas de C.O.D. , ils ne devraient donc pas s’accorder en aucun cas!

Je prends un exemple, ce qu’il y’a de plus fréquent comme erreur, de deux verbes ( se dire et se demander )

À défaut de connaître les règles, et de bien comprendre le sens de la phrase, la plupart d’entre nous écriront : Elle s’est dite, elle s’est demandée…

C’est complètement faussé ! 

Le verbe dire, demander sont des verbes intransitifs, qui n’ont pas besoin d’un complément d’objet direct mais plutôt un C.O.I.

Une fille ne doit pas écrire alors je me suis dite, ou je me suis demandée, parce que si on se pose la question QUOI, on obtient : je me suis dit que… 

La conjonction de subordonnée introduit automatiquement un C.O.I.

Donc pour ne pas tomber dans ce piège, il faut penser à transformer votre énoncé.

    Pour savoir si le verbe accepte un C.O.I., il faut transformer la phrase :
Ils se sont nui. -> Ils ont nui « à eux-mêmes ». -> C.O.I donc pas d’accord.
Ils se sont écrit. -> Ils ont écrit « à eux-mêmes ». -> C.O.I donc pas d’accord.
Les groupes qui se sont succédé .-> Ils ont succédé « à eux-mêmes ». -> C.O.I donc pas d’accord.

Sitographies:

http://www.larousse.fr/

http://www.francaisfacile.com/

www.academie-francaise.fr/

 

 

Massinissa Ait Idir

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