Culture, Littérature

Ahlem Mostaghanemi , أحلام مستغانمي

On n’aurait pas pu finir l’année sans  parler de cette femme de lettres et de langue arabe,  qui a su faire briller son nom dans le ciel de la littérature.

Son père «  Mohamed Cherif  », militant de l’indépendance algérienne, forcé de quitter l’Algérie se dirige vers Tunis là où est née Ahlem  le 13 avril 1953,  mais aussitôt que l’indépendance fut arrachée des mains des colonisateurs français,  la famille retournera en Algérie pour s’installer à Constantine.

A 17 ans déjà, elle est présentatrice d’une émission à la radio « Hamassate » ( Chuchotement )

En 1973 c’est sa première publication : « Ala marfa el ayam » ( Au havre des jours ), avec quoi elle devint la première femme à publier un recueil en langue arabe .

logo_1655576256

 C’est ensuite «  Elkitaba fi lahdat ouray » (L’écriture dans un moment de nudité ) qui sort en 1976 .

Mais son succès  fut brusquement compromis, une société fraîchement sortie d’une colonisation qui a duré plus de cent ans  n’acceptant  pas de voir une femme s’exprimer et parler d’amour et des problèmes de la femme d’une part, et le fait d’écrire en langue arabe posait  problème d’autre part .

C’est alors qu’elle rencontre un journaliste libanais à Alger qu’elle épousera par la suite à Paris en 1976 où ils s’installèrent . Ahlem poursuit ses études universitaires à la Sorbonne et obtient son doctorat en sociologie

Après 15 ans à Paris, elle  ira s’établir au Liban et présentera son roman « Dakirate el jassad  » ( Mémoire de la chair )  à l’éditeur de la maison Dar el Adab, ce sera alors la révélation . Ce roman, écrit dans un style hautement poétique et courageux sur le plan politique, connaîtra un succès phénoménal dans tout le monde arabe, on en compte à ce jour plus d’un million d’exemplaires vendus.

9789953890531

Elle recevra donc pour ce roman le prix Naguib Mahfoud en 1998 ,et il sera adapté comme feuilleton en 2010, avec la participation  d’un bon nombre d’acteurs syriens et algériens !

Capture

En 2010 est publié Nessyan.com (L’art d’oublier), qui est un guide à l’usage des femmes ayant à surmonter une rupture, et qui rapprochera Ahlem d’un public féminin.

Puis en 2012 est publié un nouveau roman : El aswad yalikou biki (Le noir te va si bien), qui confirme encore une fois que Ahlem est une romancière arabe majore de son époque .

Capture2

 Pendant plus de 35 ans, Ahlem a pu enrichir la littérature  arabe d’œuvres sentimentales et poétiques hautement saluées, mais cela n’empêche pas qu’elle ait du à affronter l’injustice et la mal-intention souvent algérienne au cours de ses débuts, et surtout à défendre ses écrits  face aux critiques, mais en fin de compte elle est arrivée à une résolution qui dit:

 » Nous n’écrivons pas des livres  pour les défendre, nous les écrivons pour qu’ils nous défendent  « 

Aujourd’huit Ahlem et la romancière arabe ayant le plus de succès, elle est suivie par plus de 3 millions de fans dans les réseaux sociaux .

Source : http://www.ahlammosteghanemi.com/#!francais/cs2o