Culture, Musique

« A vava Inouva », une chanson immortelle…

                A Vava Inouva, la Chanson légendaire d’Idir , parue dans l’album du même nom,  sorti en 1976 fut le premier succès de la chanson algérienne à l’étranger. Classée dans le genre Folk et très souvent dans le moderne, cette perle a fait le tour de la planète, elle avait séduit et continue encore de séduire, tant par la sonorité de sa mélodie, que par l’authenticité de ses paroles et la morale que dégage le texte original.

               Elle fut d’ailleurs, reprise dans 23 langues à travers le monde, parmi lesquelles on citera: le français, l’arabe, le grec, l’espagnole, le catalan, la langue berbère des Guanches et l’indien.

               Le titre a été interprété pour la première fois à la radio algérienne. Idir, (  Hamid Cheriet de son vrai nom ) n’était alors qu’un jeune musicien complètement inconnu. Le succès fut imminent et la chanson avait exalté les millions d’Algériens.

               Idir, avec une simple guitare acoustique a su accompagner sous un air  léger comme un parfum, doux comme une caresse, des paroles retraçant tout un patrimoine, toute la culture kabyle ancestrale enfuie  jusque-là.

               La chanson était à l’origine un conte kabyle ancien que Idir, a merveilleusement réussi à transcender par « Avava Inouva ». « Mon papa à moi » dessine une image d’un foyer kabyle de l’époque, une nuit d’hiver. Le texte fait un tableau sur la vie archétypale d’une famille berbère, avec ses traditions et coutumes. On pourra y apercevoir cette petite battisse traditionnelle au cœur des montagnes d’une Kabylie sous la neige.

               Idir, à travers cette chanson, nous raconte une histoire, plus imaginaire que réelle, puisqu’il y a incruste un personnage mythique des vieux contes berbères, que certains appellent « ogre ». On pourra presque y apercevoir cette neige qui bloque les portes, ce silence pesant qui envahi les lieux… A l’intérieur du foyer, chaque membre à sa place: le fils préoccupé par le besoin de subvenir aux besoins de la famille. Son épouse, qui, derrière son métier à tisser, écoute discrètement les récits de grand-mère, entourée par ses petits enfants près d’un feu de bois…

               Très peu de gens savent que cette chanson est très vielle, on a tendance à la qualifier à chaque fois de moderne! 38 ans après, « Avava Inouva » continue de nous émerveiller…

               Pour moi, cette chanson reste l’une des plus belles du répertoire d’Idir, et la plus belle qui n’aura jamais d’équivalente!

               Je vous laisse désormais apprécier cette perle rare, avec une traduction en français du texte d’origine. Bonne écoute et bonne lecture.

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Traduction:

Je t’en prie père Inouba ouvre-moi la porte
Ô fille Ghriba fais tinter tes bracelets
Je crains l’ogre de la forêt père Inouba
Ô fille Ghriba je le crains aussi.

Le vieux enroulé dans son burnous
A l’écart se chauffe
Son fils soucieux de gagne pain
Passe en revue les jours du lendemain
La bru derrière le métier à tisser
Sans cesse remonte les tendeurs
Les enfants autour de la vieille
S‘instruisent des choses d’antan

Je t’en prie père Inouba ouvre-moi la porte
Ô fille Ghriba fais tinter tes bracelets
Je crains l’ogre de la forêt père Inouba
Ô fille Ghriba je le crains aussi

La neige s’est entassée contre la porte
L’ihlulen bout dans la marmite
La tajmaât rêve déjà au printemps
La lune et les étoiles demeurent claustrées
La bûche de chêne remplace les claies
La famille rassemblée
Prête l’oreille au conte

Je t’en prie père Inouba ouvre-moi la porte
Ô fille Ghriba fais tinter tes bracelets
Je crains l’ogre de la forêt père Inouba
Ô fille Ghriba je le crains aussi

 

Article rédigé par Massinissa Ait Idir