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1 an après le lancement de la 3G : ce qui a changé pour le consommateur algérien  » ?

3G algerie

Après une attente d’une dizaine d’années, la 3G est disponible pour le consommateur algérien, depuis maintenant presque une  année… Mais qu’est-ce que la 3G a vraiment changé dans le quotidien des Algériens ?

Avant de répondre à cette question, concentrons-nous sur Internet en Algérie, en matière de connexion on parle souvent du taux de pénétration, un indicateur qui mesure l’équipement des foyers pour accéder au monde merveilleux d’Internet, aux dernières nouvelles nous avons un taux de pénétration de 16.5% à titre de comparatif, le Maroc a un taux de pénétration de 56%, ne parlons  même pas des pays développés qui avoisinent les 100%. Pire : l’Algérie fait même office de mauvaise élève en Afrique, où elle ne figure même pas dans le top 10 des pays Africains avec la meilleure connectivité.

Un autre chiffre choquant, l’Algérie est 174 ème sur 189 dans un classement qui mesure la vitesse d’Internet. En regardant ces chiffres, on se dit que l’Algérie ne peut que s’améliorer avec l’arrivée de la 3G !

Qu’est-ce  qu’il en est de la réalité ?

À première vue, la 3G n’a pas révolutionné la vie des Algériens, on ne peut toujours pas commander une pizza via son smartphone, et encore moins réserver une chambre d’hôtel en quelques mouvements de doigts ; car si le développement de cette technologie au niveau mondial est exponentiel et ses enjeux financiers se chiffrent en milliards de dollars, dans notre beau pays elle n’en est qu’aux balles de ciment, pour des causes diverses et variées.

Penchons-nous sur quelques unes d’entre-elles : à l’âge de la téléphonie 2G, l’opérateur téléphonique avait seulement besoin de vendre une Sim pour que l’utilisateur consomme son service, alors que pour la 3G qui offre en plus de la voix de la data, cela change tout ! en plus de la sim ,un ensemble d’éléments doit fonctionner de pair, pour que l’utilisation d’internet mobile soit intéressante pour le consommateur et que l’opérateur y trouve son compte, citons par exemple pour l’utilisation de la 3G, il faut :

– Un Smartphone ou une tablette, si possible de dernière génération,

– Du contenu de préférence local (jeux, vidéos,multimédia, musique…etc.),

– Des opérateurs de paiement (banques, SPE tiers, cartes bancaires, etc.),

– Des portails web et media sociaux (des sites qui offrent de l’information, des services, du divertissement, exemple :
Ouedkniss, Tsa-algerie, Facebook, Amazon, etc.),

– Des applications (que serait notre beau Smartphone sans nos centaines d’applications personnalisées !).

 

Tout ceci est pour dire qu’afin que la mayonnaise de la 3G prenne et offre une plus-value à ses utilisateurs, il faut plusieurs ingrédients, et en Algérie beaucoup de ces ingrédients manquent à l’appel.

Ajoutez à ces obstacles intrinsèques liés à l’environnement de la filière 3G,  d’autres obstacles liés cette fois directement aux opérateurs de téléphonie locaux, je parle du prix excessivement cher des forfaits 3G, un prix moyen de 1000 DA pour les 750 Mo de données consommables. La 3G est en vérité commercialement hors de portée pour un usage fréquent ; pour situer le prix, il faut savoir que les Algériens ont de l’internet très limité pour l’équivalent de 10% de leur salaire mensuel, alors qu’en France la population a accès à internet quasi-illimité pour environ 1% du salaire moyen. La barrière tarifaire à la démocratisation de l’internet mobile est infiniment plus haute que celle à l’entrée sur le téléphone mobile il y a une douzaine d’années.

Néanmoins, l’arrivé de la 3G n’est pas passée sans faire le moindre bruit, elle a eu quelques impacts positifs sur les Algériens, elle a notamment permit de réveiller notre bon vieu opérateur de téléphonie fixe public, je parle d’Algérie Télécom, qui a doublé les débits d’internet de ses clients gratuitement, il a aussi facilité l’achat de ses services en lançant des cartes prépayées, qui se substituent à de longues heures d’attente dans les agences du dit opérateur pour payer un forfait internet. La 3G a aussi rendu service à quelques entreprises, en améliorant la productivité de leurs employés.

Conclusion, en dehors de permettre aux Algériens l’accès à leur compte Facebook ou à leur adresse mail depuis n’importe quel endroit, dans les wilayas couvertes par la 3G, cette technologie n’a changé ni le quotidien ni les habitudes de consommation des Algériens.
Rédigé par : Karim SIDI SAID
mail : kss-gold@live.fr

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